Samedi 17 octobre 2009

L'arrivée de l'automne donne des frissons ; non pas de ceux qui se plantent dans les dernières lombaires, font vibrer la moelle, électrisent chaque nerf jusqu'à la première cervicale, et au delà, dans le labyrinthe des méninges, en vous faisant vous cambrer, vous redresser vers les cieux, comme une bête affamée de tendresse... Non ! Ces frissons glaçant qui nous font nous recroqueviller comme un petit enfant apeuré, sans défense. Perdu.


J'aimais ces moments, dans l'eau, ces dernières semaines d'été. Et tout particulièrement lorsque, sur le dos, les bras en croix, je me laissais porter par la tranquillité des flots. Alors, je fermais les yeux. Je percevais à cet instant la quintessence de l'univers. Dans le doux silence de la mer.


Un jour, j'ai compris que seule l'étreinte de l'océan est véritablement sincère. Que seule sa caresse est vraie. Sans doute parce que la mer ne nous porte aucun intérêt ; sans doute parce que, si l'on y prend pas garde, en quelques secondes, son emprise pourrait être mortelle ; sans qu'elle ne nous veuille aucun mal. Juste comme ça, parce que ça pourrait être aussi simple.


La fin pourrait être aussi simple.


Parce qu'après, il y a aussi ces yeux, ces mains, ces lèvres... Toutes ces peaux affamées que la mienne, affamée, affolée, curieuse et suppliante, cherche et désire. Affamée. Et pour quels instants de mensonges ? Et pour quelles vérités ? Croire à l'espace plus qu'à l'aile...


L'amour dit-on ? (le mal de mer soudain, et la nausée qui l'accompagne).


« Qu'es-tu donc toi qui m'aimes ?

Le miroir où je me regarde ou l'abîme où je me perds ? » *


Sans doute un peu des deux. Comme je le suis. Aussi.


Alors ? On se mire ou bien l'on saute ?


On pourrait seulement vomir... et retourner à l'océan, sans dire un mot, mais pour prendre exemple. Se submerger de cette grâce. Seulement. Parce que ça pourrait être aussi simple.



*Gustave THIBON, L'ignorance étoilée.


Jeudi 6 août 2009
Une nouvelle œuvre, de Marie-Joëlle de BROQUA, s’en vient sur mes murs, comme une fenêtre sur un autre horizon, comme une ouverture sur de nouvelles perspectives, comme pour «enfoncer un clou» : L’appel du large, 2006 (100 x 100 cm).

 

 



Mardi 4 août 2009
"Quand les gens vous prennent pour un monstre, il n'y a qu'une chose à faire : dépasser leurs attentes."
J.P. Witkin


Samedi 1 août 2009
... mais la mort peut bien attendre !

La Gardienne des Clés montre la voie ; tant de portes à ouvrir, tant de salles obscures à visiter, tant de choses à corriger, tant de pierres à chercher avant le bout du tunnel...

(On entend le cliquetis des anneaux de métal, le froissement aigüe du nylon et du cuir, l'écho étouffé des respirations haletantes, les percussions rythmiques de la pression sanguine... On pourrait même percevoir l'humidité qui naît ça et là dans la moiteur des lieux. Et on attend, immobile et inquiet...)


Remise au goût du jour du PROJET V : premier jet, étude au 25/07/2009.



Mardi 28 juillet 2009

Sans réelle motivation, parce que la fatigue, à nouveau, mais bien qu'elle fut là une heure plus tôt (la motivation), direction la plage, le Radar, La Pallice, 20h30.

J'y retrouve Dora et Summer.


Le vent est frais, la marrée haute et les vagues violentes. Le soleil se couche derrière la dune de pierre.

Aucune hésitation. Je me jette à l'eau.

Tout geste est bon pour ne pas couler. Et même s'il faut parfois boire la tasse, il convient de garder la tête hors de l'eau.


Plus tard, j'écris à Fabienne : "Je suis comme la mer : mon cœur est froid, mon âme est sombre et mon esprit est sale !"

Elle me répond ; me demande "pourquoi cette humeur ?".

Alors, je me souviens. "Tout est une fiction. Seul ce que nous croyons est vrai !"

Mais il est de ces êtres, subtiles et magnifiques, qui parviennent à vous faire admettre que seul ce qu'ils croient -eux- est vrai.

Débute soudain cette lente méditation de ce vieux proverbe arabe : "On est mieux assis que debout ; on est mieux couché qu'assis ; on est mieux mort que couché".


Je me penche, empreint de doute sur la marche à suite. Le vertige me saisi. Je sais où  je fout les pieds. Il faudra du temps...

Il faudra cheminer tout au long des neuf cercles... Des Enfers, bien évidement.


Serais-je de ceux condamnés au huitième ? Tirailler entre la cinquième fosse, celle des concussionnaires et des prévaricateurs (ceux qui ont vendu la justice ou qui ont gravement et volontairement manqué à leur devoir), la neuvième fosse, celle des semeurs de trouble ou la dixième fosse, celle des charlatans et faussaires ?

Il me faudrait lui demander son avis. Il me faudrait un verdict définitif et sans appel. De celle qui juge.


Le bruit rythmique de l'océan caressant le sable et les galets couvre parfois nos mots. Quelques coockies (made in Summmer) purement américain et véritablement délicieux, et un Montbazillac 2005. L'horizon nous contemple, un croissant de lune planté sur son front couronné de nuages.


Et dans l'ivresse délicate, la lucidité : ce que nous croyons est la seule certitude que nous pouvons avoir. (Pauvre de nous, qui nous raccrochons parfois à pas grand chose...).

Enfin l'envie de hurler à la face du néant, de gueuler plus fort que l'océan, d'emplir ses poumons des cieux pour mieux recracher le fiel dont on fut maculé.

Réfléchir, détourner, pirater, sampler, affûter son sens de l’analyse, retourner la balle à l’envoyeur, aiguiser son regard, canaliser sa rage, apprendre à ne plus prendre les vessies pour des lanternes, résister, se mettre en danger, faire face, relever la tête, répliquer, lutter, se battre...


Encore... Encore !


J'avais ajouté, à Fabienne, "la vie est belle".

Je ne parviens pas à en démordre. Et je refuse l'immobilité. Pas construit pour rester allongé !


Dans la nuit, Dora m'a dit : "je suis heureuse que tu sois vivant".

 



Samedi 18 juillet 2009
15 juillet 2009, petit terrain entre Saintes et Saint-Jean d'Angely, 19h30. Mon fils et moi avons tendu les bras, tout comme sur le tableau de Gérard ; nous avons pris une grande respiration, et nous avons décollé... Grande balade autour de Saintes, altitude 600 mètres, vitesse 65 km/h. Un méga trip ! Merci à Alain, le pilote, et à Jean-Marie, mon petit frère.

  

Jeudi 2 juillet 2009
J'ai la chance, et l'immense bonheur, d'avoir chez moi, depuis peu, cette oeuvre de Gérard FORCHE -en plus de trois petits pastel magnifiques...
Décrouvez ou revoyez son travail : http://forche.over-blog.fr


(Un père et son fils, les bras en croix, font l'avion...) La chose sera effective le 16 juillet prochain... A suivre.

Lundi 16 mars 2009
 

ZOON de Toufik O.I.

www.cie-toufik-oi.org

"Chorégraphie en trois volets revisitant le thème de l'animalité. Chacune des pièces bouscule à sa manière nos représentations de l'Animal et déplace un peu plus sa frontière avec l'Humain."

 

Chorégraphe : Toufik OUDRHIRI IDRISSI

Musique : Adhémar DUPUIS

Lumières : Paul BEAUREILLES

Plasticiens : Lara BLANCHARD (conception des costumes), Jean-Robert LEBRUN (vidéo), Alain TREHARD (écran de plumes et masques)

Réalisation scénographique : Le Moulin du Roc, Marie-Odile CHAUVIN, Alain TREHARD

 

Interprètes : Franck DELEVALLEZ, Pauline GESLIN, Johanna MANDONNET, Léonard RAINIS, Carole VERGNES

 

Première Mardi 10 mars 2009, 20h30, Scène Nationale LE MOULIN DU ROC, Niort (79)


Photographies : João GARCIA


1 - Carole et Franck devant l'écran de plumes.

2 - Carole, Pauline et Léonard (masqués, devant une des trois parties de l'écran).

3 - Pauline.

4 - Franck et Léonard.

5 - Johanna et Pauline soulevant Carole.

6 - Franck (de face) et Léonard (masqués, devant l'écran).

7 - Franck, Carole, Johanna, Pauline (de gauche à droite).

8 - Léonard.
















































































































































Dimanche 15 mars 2009
Parfois, je fais des boîtes... pour mettre des secrets, des trésors, des cendres, des bijoux ; des baisers volés (ou bien des pas donnés). Toutes sortes de choses ; ou rien...

Et parfois, je les offre... ou pas.


























































Acier et laiton patinés, schiste, 2009.
Pièce unique
(Environ 20 x 40 x 18 cm)


Dimanche 8 février 2009
[...] Ô triste et folle bête humaine ! À quelles imaginations bizarres et contre nature, à quel paroxysme de démence, à quelle bestialité de l’idée se laisse-t-elle entraîner dès qu’elle est empêchée quelque peu d’être bête de l’action !... Tout cela est intéressant à l’extrême, mais aussi d’une tristesse noire, lugubre et déprimante, et c’est pourquoi il faut s’in­terdire avec violence de plonger trop longtemps les yeux dans ces abîmes.

Il n’est pas douteux que nous ne nous trouvions en présence d’une maladie, la plus terrible qui ait jamais sévi parmi les hommes : - et celui qui est encore capable d’entendre (mais de nos jours on n’a plus d’oreilles pour entendre cela -), d’entendre retentir dans cette nuit de torture et d’absurdité, le cri d’amour, le cri de l’extase et du désir, le cri de la rédemption par l’amour, celui-là se retournera saisi d’une invincible horreur... En l’homme il y a tant de choses effroyables !


F. Nietzsche, La Généalogie de la morale, 1887.

Vendredi 2 janvier 2009
"... Mais nous savons déjà ce que tu vas faire, n'est-ce pas ?
Tes précurseurs chimiques indiquant la naissance d'une émotion spécifiquement créée pour outrepasser la logique et la raison.

L'émotion qui te rend déjà aveugle aux vérités les plus simples et les plus évidentes...


L'espoir, c'est la quintessence des illusions humaines ; simultanément la source de votre plus grande force et de votre plus grande faiblesse !"
L’Architecte, The Matrix.












































En ces temps de voeux, on va le dire comme ça !

*
Strategies Against Architecture II : double album retrospective (1991) du groupe Einstürzende Neubauten

Mardi 16 décembre 2008
Tout homme est libre d'aller ou de ne pas aller sur cet effrayant promontoire de la pensée d'où l'on aperçoit les ténèbres. S'il n'y va point, il reste dans la vie ordinaire, dans la conscience ordinaire, dans la vertue ordinaire, dans la foi ordinaire, dans le doute ordinaire, et c'est bien. Pour le repos intérieur, c'est évidement le mieux.

S'il va sur cette cîme, il est pris. Les profondes vagues du prodige lui sont apparues. Nul ne voit impunément cet océan-là... Il s'obstine à cet abîme attirant, à ce sondage de l'inexploré, à cette entrée dans le défendu, à cet effort de tâter l'impalpable, à ce regard sur l'invisible, il y revient, il y retourne, il s'y accoude, il s'y penche, il y fait un pas, puis deux, et c'est ainsi qu'on pénètre dans l'impénétrable, et c'est ainsi qu'on s'en va dans l'élargissement sans borne de la condition infinie.

Victor HUGO


Lundi 15 décembre 2008
Titre : Ex-Corporation
Année : 2008 / 2009
Mode : actions vidéographiées
Format : Full HD (1920 x 1080)
Durée : non déterminée

-où il est question de sept des fluides (ou sécrétions) du corps humain à l'instant où ils sont évacuées de l'organisme-

Sécrétions : Substance produite et excrétée par un organe ou une cellule.
Fluides : En physique, corps qui a la propriété de prendre la forme du récipient dans lequel il est contenu.
Corps : Partie matérielle d'un être animé du point de vue de son fonctionnement physiologique.

1 - LARMES
liquide transparent et salé produit par les glandes lacrymales, qui humidifie, nettoie et protège constamment la conjonctive et la cornée, s'évacue dans les fosses nasales ou s'écoule à l'extérieur sous l'effet d'une irritation ou d'une émotion. Le liquide lacrymal sécrété lors du larmoiement, est essentiellement aqueux (près de 99% d'eau). Il contient, entre autres, du chlorure de sodium, du lysozyme et des lactotransferrines.


























2 - SALIVE
sécrétion des glandes salivaires. La Salive est composée à 99% d'eau.





















































3 - SUEUR
liquide organique aqueux, légèrement trouble, de saveur salée, à l'odeur plus ou moins forte, produit par les glandes sudoripares de façon constante mais en quantité variable en fonction de phénomènes physique, pathologique ou émotionnel, évacué par les pores de la peau où il se vaporise au contact de l'air ou s'amasse en gouttelettes. La sueur est une solution saline hypotonique (99% d'eau) dont il est difficile de donner une composition exacte qui ne soit pas un cliché instantané tant celle-ci peut varier en fonction du siège, des conditions de renouvellement, du type de stimulation sudorale et de l'adaptation du sujet.





















































4 - SANG
fluide physiologique vital humain de couleur rouge qui circule dans les artères et les veines sous l'impulsion du cœur et qui nourrit, oxygène et nettoie les tissus organiques. Le sang est composé de trois éléments figurés : globules rouges à 99%, leucocytes (ou globules blanches) à 0,2% et plaquettes à 0,8%



5 - LAIT

liquide blanc ou blanchâtre sécrété par les glandes mammaires des femelles des mammifères et par les femmes qui viennent d'accoucher. Les composants majeurs du lait maternel sont : l'eau (87,5% env.), les glucides (7% env.), les lipides (4% env.), les protéines (1% env.), les micronutriments (0,5% env.).





















































6 - URINE
liquide organique, jaune et transparent, sécrété par les reins et qui, passant par les voies urinaires, s'accumule dans la vessie avant d'être évacué hors de l'organisme. L’urine contient 96% d’eau et 4% de substances chimiques en solution.



























7 - SPERME
liquide fécondant, de couleur blanche, sécrété par les glandes génitales mâles et contenant les spermatozoïdes.




































Dimanche 14 décembre 2008
Ne laisse pas le soin de gouverner ton coeur à ces tendresses parentes de l'automne auquel elles empruntent sa placide allure et son affable agonie. L'oeil est précoce à se plisser. La souffrance connaît peu de mots. Préfère te coucher sans fardeau : tu rêveras du lendemain et ton lit te sera léger. Tu rêveras que ta maison n'a plus de vitres. Tu es impatient de t'unir au vent, au vent qui parcourt une année en une nuit. D'autres chanteront l'incorporation mélodieuse, les chairs qui ne personnifient plus que la sorcellerie du sablier. Tu condamneras la gratitude qui se répète. Plus tard, on t'identifiera à quelque géant désagrégé, seigneur de l'impossible.

Pourtant.

Tu n'as fait qu'augmenter le poids de ta nuit. Tu es retourné à la pêche aux murailles, à la canicule sans été. Tu es furieux contre ton amour au centre d'une entente qui s'affole. Songe à la maison parfaite que tu ne verras jamais monter. A quand la récolte de l'abîme? Mais tu as crevé les yeux du lion. Tu crois voir passer la beauté au-dessus des lavandes noires...

Qu'est-ce qui t'a hissé, une fois encore, un peu plus haut, sans te convaincre?

Il n'y a pas de siège pur.

René Char


Samedi 13 décembre 2008
« C’est intéressant de lire tes réactions…
































Tes cinq prédécesseurs étaient un essaim basé sur un prédicat similaire,

































une affirmation conditionnelle destinée à instiller un profond attachement au reste de leur espèce et facilitant leur fonction première.
































Mais toute leur expérience se limita au niveau habituel.
































Alors que la tienne est beaucoup plus spécifique vis-à-vis de l’amour.

































Et voilà, nous en arrivons enfin au moment de vérité où tes défauts fondamentaux seront divulgués comme tels et ton anomalie révélée comme à la fois un début et une fin ! »

L’Architecte, The Matrix.

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